Entreprenariat : Adams, le boss du pain bro du LTO

In Entreprendre au Quotidien

De calligraphe à « koassa », ce jeune Burkinabè issu d’une famille modeste est aujourd’hui à la tête d’un business auquel il n’aurait jamais pensé. Toujours souriant, chez lui, tous ses clients sont des « boss ». Lui c’est Adama Tapsoba dit Adams, vendeur de pain brochette au LTO.

Adama, après avoir obtenu le CEP et entamé la 6ème en cours du soir, s’intéresse dans un premier temps à la calligraphie. Mais « le marché n’est pas trop ça. Il arrivait que deux mois passent sans que je n’ai de marché ». C’est ainsi que « j’ai décidé d’aller aider mon père qui était vendeur de brochette avant d’être boucher à l’abattoir » explique notre jeune patron.

« Donc de temps en temps j’allais vendre chez lui les week-end et les congés pour apprendre le métier ». Puis au bout de deux ans notre bonhomme décide de voler de ses propres ailes.

Après avoir parcouru la ville à la recherche d’un point stratégique, c’est finalement au LTO que M. Tapsoba dépose ses valises. « J’ai collectionné des planches et je suis allé voir un menuisier qui m’a aidé à faire une petite table. Et comme il me manquait toujours certaines choses j’allais travailler avec mon père de temps en temps pour avoir de quoi m’équiper ».

« J’ai commencé avec une table de 1m50 et un banc ; c’était en fin de 2007 » raconte Adama le sourire aux lèvres.

Mais sa réussite, il l’a doit à quatre éléments : son passé de calligraphe, le soutien de ses clients, son sens de l’observation et sa persévérance.

Monsieur zéro complexe

« Comme j’ai fait la calligraphie je me suis dit qu’il fallait que cela me serve. Et je suis un amoureux de mon propre prénom (rire). J’aimais bien mettre mon nom sur tout ce qui m’appartenait. C’est ainsi que j’ai conçu moi-même le design de ma table et de mon matériel. Et depuis le lycée on m’appelait Adams donc j’ai gardé le nom.

Ses clients, composés d’élèves dont certains sont ses « promotionnaires » l’ont visiblement aidé dans son marketing parce qu’ils le connaissaient pour avoir fait la sixième avec lui autre fois. Et le moins que l’on puisse dire c’est que Adams a gardé son côté lycéen. Toujours réactif, bouillant et « stylé », rien ne le distingue, à moins de le connaitre de visu, de ses clients les plus proches. Ce contact facile l’a si bien aidé qu’aujourd’hui certains de ses habitués ne veulent être servis que par lui. Certains d’ailleurs se seraient sentis complexés de revenir vendre du pain à ses camarades devant l’école, mais cela n’a pas été son cas.

En plus de sa proximité avec ses clients « boss », Adams fini par remarquer que tous les vendeurs de pain brochette faisait la même chose. Il décide donc d’innover en proposant dans un premier temps des serviettes de table au lieu du papier déclassé d’imprimerie ou de journaux. « Cela a tout de suite pris parce que c’était nouveau ». Ensuite « je me suis dit que je pouvais améliorer ma recette, et j’ai ajouté du ketchup, beaucoup de concombres et de la mayonnaise à mes sandwiches ».

Quand il pense à son passé…

Aujourd’hui, Adams pain bro du LTO est installé un peu partout dans la ville de Ouagadougou et emploi « au moins quarante personnes ». Sa devise, vous l’aurez remarquer, faire de ses clients des « boss ».

Mais avant d’en arriver là « j’ai souffert » dit-il toujours le sourire aux lèvres. « La première année à partir de 2007 c’était vraiment la galère, je ne m’en sortais pas du tout. Je suis resté dans ça pendant deux. Très souvent je vendais sans avoir de bénéfice mais je rentrais les soirs avec de l’espoir ». explique-t-il sans entrer dans les détails.

« C’est la patience et la persévérance qui m’ont permis  de tenir. J’avais compris une chose : il faut être constant dans ce que l’on fait. C’est à force de changer de métier qu’on avance pas ».

De calligraphe à boucher, de boucher à vendeur de sandwich, et de simple vendeur de sandwich à patron, Adams n’a de cesse de rendre grâce à Dieu et de rendre hommage à son père qui lui a tant donné mais qu’il a perdu en 2018. N’empêche, Adams garde toujours son sourire.

Ange L Jordan MEDA

Infowakat.net

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One commentOn Entreprenariat : Adams, le boss du pain bro du LTO

  • C’est donc toi. Ma fille me fait bagarre chaque matin si je pars pas tôt pour qu’elle ait le temps de payer le pain.

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