Entreprenariat au Burkina : « Les jeunes veulent vite avoir l’argent et ne veulent pas se donner du temps à la formation » Saïdou OUANGRAOUA

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La question du manque d’emploi demeure une réalité au Burkina Faso. La majeure partie de la jeunesse est sans emploi. L’Etat a du mal à offrir un emploi à chaque jeune. Pour résorber le chômage, le secteur privé emploie une grande partie de cette jeunesse, alphabétisé ou non. C’est dans cette dynamique que s’inscrit Saïdou OUANGRAOUA, responsable d’un atelier de vitrerie et de soudure sis au quartier Tampouy de Ouagadougou. Nous avons pris la température de son travail ce jeudi 15 juin 2017.

Saïdou OUANGRAOUA

Saïdou OUANGRAOUA est dans le domaine de la vitrerie et de la soudure depuis 1978. Sa formation, il dit l’avoir acquise en Côte d’Ivoire. Cette formation n’a duré qu’une bonne année pour faire de lui ce qu’il est aujourd’hui. Autrefois apprentis dans un atelier où il travaillait avec un patron, Saïdou OUANGRAOUA est aujourd’hui installé à son propre compte et emploie plusieurs personnes. De la secrétaire aux employés de soudure en passant par la menuiserie métallique et aluminium, ce sont au total une douzaine de personnes qui travaillent dans son atelier.

Les difficultés souvent rencontrées par notre interlocuteur dans son activité

Tout travail mérite sa peine. Mais notre interlocuteur nous confie que le travail actuellement est « très difficile » parce que les jeunes ne veulent plus apprendre longtemps. « Ils veulent vite avoir l’argent et ne veulent pas se donner du temps à la formation », a déploré Saïdou OUANGRAOUA. A l’entendre, les jeunes ne veulent pas faire plus d’une année de formation. Dès qu’ils commencent le travail, dit-il, ils veulent déjà réaliser leurs rêves dans de plus brefs délais. « C’est difficile », a-t-il martelé. Pour lui, toute réussite à un coût et il faudra souvent accepter la souffrance avant de pouvoir sortir la tête de l’eau.

Son cri de cœur est que les jeunes apprennent à être « patients » afin de mieux maitriser les contours de l’activité donnée avant de vouloir voler de leurs propres ailes. « Souvent nous sommes appelés à fixer des vitres dans certaines constructions. Mais le travail de soudure déjà effectué que nous trouvons sur place pour la circonstance déçoit beaucoup. On a l’impression que le soudeur n’a même pas fait plus de 3 mois d’apprentissage. C’est ça le vrai problème des apprentis. Quelques mois après ils pensent avoir tout maitrisé et veulent déjà travailler seuls», s’est-il indigné.

Chaque réussite à un prix à payer

Les jeunes ne veulent plus se sacrifier pour mieux s’imprégner des connaissances pratiques dans une activité donnée. « Il y a un homme qui m’a emmené son fils pour l’apprentissage. Il m’a dit de ne rien donner à son fils comme présalaire pendant son apprentissage. Il m’a cependant dit que son fils sera à sa charge et qu’il demandait seulement qu’on lui (son fils) permette de mieux apprendre. Mais moi j’ai toujours donné quelque chose à son enfant. Malgré tout, le jeune trouve ça insuffisant », a-t-il raconté.

Autre difficultés rencontrée, c’est le problème d’abandon. Les jeunes ne sont plus prêts à se sacrifier pour obtenir quelque chose. A la moindre difficulté rencontrée, ils veulent déjà abandonner. C’est dire que souvent, les crédits consentis dans le travail plombent l’économie. Il faudra attendre que les personnes concernées puissent solder les frais de travails accompli avant que l’on puisse offrir quelque chose aux jeunes. Pourtant avec ce grand manque, dit-il, « l’on ne peut pas donner au-delà de ses moyens. On fait toujours les choses selon nos moyens».

Saïdou OUANGRAOUA est marié et père de cinq (5) enfants. C’est son travail qui arrive à subvenir aux besoins de toute sa famille.

Amoureux du ballon rond, notre interlocuteur soutient souvent les petits tournois de football quelque fois organisés dans le quartier. Dans les années à venir, il entend créer une coupe au nom de son service afin de permettre aux jeunes joueurs de s’épanouir.

Armand Kinda
Infowakat.net

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