Entreprenariat : « J’ai décidé de devenir mécanicien et, aujourd’hui, je le suis » Moise Namoano

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Une dizaine d’année plus tôt, il en rêvait. La détermination et la rencontre de « bonnes personnes » aidant, à 26 ans, il est établi mécanicien qualifié pour motocyclettes à Fada.

« Devenir mécanicien est la réalisation de mon premier rêve. J’ai beaucoup de personnes à charge. Il y a mes 6 apprentis. Je les forme mais ils ne me payent pas. Au contraire, j’assure leur déjeuner et, le soir, je les motive avec de quoi pouvoir au moins acheter du savon pour leur tenue. Une sorte de prime d’encouragement. Puis, ma famille : ma vieille, mes petits frères et même des grands frères sans emploi et qui comptent sur moi. Je remercie Dieu ». Originaire du village de Tibga, dans la partie ouest de la province du Gourma, Moise Namoano monte très tôt à Fada, le chef-lieu de la région de l’Est, pour fuir la morosité des travaux champêtres au village. La ville de Fada n’est située qu’à une quarantaine de kilomètres et, lui, plein de l’énergie de l’adolescence. Il n’a alors, comme qualification, que l’entrain pour la débrouille propre aux aventuriers.

Sans adresse d’accueil, il élit domicile et lieu de travail partout où il peut se faire quelques sous : le marché central et les gares, notamment. Son parcours dit-il, « ça n’a pas été simple, j’ai eu à transporter des sacs, vendre de l’eau… ». Très tôt cependant, il se ravise et aspire à mieux : « j’ai vu que c’est bon, mais, il n’y a pas d’avenir dedans. Il faut trouver autre chose, devenir responsable un jour et pouvoir aider la famille ». Un métier l’obsède alors, la mécanique, celle des motocyclettes. Il a pour lui sa détermination : « j’ai décidé de devenir mécanicien et aujourd’hui, je le suis ». Il quitte donc la rue et devient pensionnaire du centre de formation professionnelle de l’ANPE, agence nationale pour la promotion de l’emploi, promotion 2007 à 2010, section mécanique. Il en sort titulaire du CQP, le certificat de qualification professionnelle. Là encore, il force le destin : « je n’ai pas eu la chance d’aller à l’école et, au centre de formation, j’avais des difficultés pour écrire ». Si bien qu’en fin de formation son diplôme est restreint : « on m’a donné un diplôme de qualification du centre alors que les autres sortaient titulaires d’un CQP plein ». Loin de se décourager, il se rebiffe « ça ne m’a pas plu. Je me suis dit, je suis égal aux autres, pourquoi ne puis-je obtenir la même chose ? » Rebuffade et réaction : « pendant que je faisais un stage de perfectionnement dans un garage, je me suis inscrit à des cours du soir et, en 2016, je me suis réinscrit comme candidat libre au CQP, et j’ai obtenu cette même année, mon CEP (certificat d’études primaires) et un CQP plein ». Cette même année 2016, il se confectionne un hangar et s’installe à son compte.

Moise Namoano

Lorsqu’il jette un coup d’œil dans le rétroviseur, il se dit avoir eu de la chance : « comme on dit, dans la vie, c’est l’homme qui fait l’homme. J’étais presque sans abris, squattant chez un ami, ce n’était pas facile. Puis on m’a parlé d’une tante qui vivait en ville. Je l’ai approché et je me suis collé à elle et, un jour elle m’a demandé je que je souhaitais devenir. Je lui ai dit, ma passion c’est devenir un mécanicien. Elle m’a inscrit au centre de formation de l’ANPE, mis en apprentissage dans un garage, parce que le programme du centre de formation exige qu’avec la théorie on puisse faire de la pratique sur le terrain. Ensuite elle m’a encore aidé pour installer mon premier garage, un hangar de tôle ondulée ».

Obtenir un emplacement où installer son garage fut une autre épreuve. « Ouvrir un garage, ce n’est pas facile, il faut beaucoup de matériel. J’ai tapé à beaucoup de portes et, comme on dit, il faut demander à Dieu de placer de bonnes personnes sur ton chemin. Grâce à Dieu, je suis tombé sur de bonnes personnes et, avec ce que j’ai pu épargner étant apprenti, j’ai pu m’installer ». Un an plus tard, il construit un garage qui tranche des hangars de tôles ondulées ou, comme dans la plus part des cas, à ciel ouvert. Il a investi dans les outils, un hangar moderne et une petite boutique de pièces détachées d’urgence. Il n’a pas donné de nom à son garage, c’est la conduite du milieu à Fada. Comme empreintes, il a ses compétences et son affabilité professionnelles. Son garage est situé au secteur 6, Sud, route de Gommoré. Moise Namoano est aujourd’hui un mécanicien bien installé avec 6 apprentis. Comme il dit : « j’ai 6 jeunes que j’essaye de former pour que demain, eux aussi, ils puissent gagner leur vie ». Moise Namoano dit ne rien regretter. Son rêve de devenir mécanicien est réalisé. Il rend grâce à Dieu. Son vœu à présent : « agrandir mon atelier et, pour faciliter le travail, disposer d’une bonne boutique de pièces de rechange, acquérir plus d’outils, sortir de la contrainte du nécessaire ».

Moise Namoano, n’est pas encore marié. Juste une petite amie. Son conseil pour les jeunes : « aux jeunes qui disent qu’il n’y a pas de boulot, je dis qu’il y a beaucoup à faire, beaucoup de métier à apprendre pour s’en sortir. Y compris en dehors du cursus scolaire. Mes parents ne m’ont pas inscrit à l’école, mais je me suis débrouillé et je suis aujourd’hui entrepreneur. Certes, je ne peux pas encore débloquer une forte somme mais, je ne vais pas aller quémander pour manger. J’assure mes petits besoins avec la certitude que demain j’assurerai de plus grands. J’ai devant moi des devanciers, des mécaniciens bien à l’aise et je compte bien atteindre ce niveau et, pourquoi pas, aller au-delà. Je dis donc aux jeunes, levez-vous ! Il y a toujours à faire pour celui qui cherche. Nous devons tous prendre conscience que nous devons un jour sortir de la dépendance et devenir responsable. J’encourage les jeunes à se lever comme moi et avancer ».

Augustin Woba

Infowakat.net

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