Entreprenariat : la maquilleuse aux 1000 phares

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Maquiller, décorer, planifier, organiser, bref… se débrouiller pour sublimer les instants présents et les souvenirs de ses clients, Véronique Aouèdaaga Yaguibou en a fait son cœur de métier. Dans un local vitré situé dans le quartier Patte d’Oie à Ouagadougou, Véronique, AKA Niki, comme l’appellent ses collaborateurs, s’emploie depuis bientôt 04 ans avec ces derniers, à faire de l’argent avec leur créativité. Une entreprise naissante dirigée par une jeune femme dont le leitmotiv est « la satisfaction des clients ».

Niki a la bricole et le commerce dans le sang lance t-elle d’entrée de jeux. « Je vendais déjà au primaire des bonbons et j’aimais les travaux manuels » dit-elle.

Après une maitrise en comptabilité contrôle et audit, et de multiples stages effectués sans succès, elle se lance d’abord dans l’habillage de gadgets avec des coupures de pagnes avec sa touche personnelle « Niki Sono ». Puis « sur un coup de tête » elle décide de se lancer dans le making up.

La reconversion, dit-elle, a été difficile, mais non sans l’appui de ses proches, qui ont par ailleurs été ses premiers ambassadeurs. « Je trimballais au début mes affaires avec la moto » et « je recevais mes clients à  la maison dans la salle à manger ».

De fil en aiguille, au-delà de certaines considérations, Niki finit par être recommandée par des clients satisfaits. Parmi ses collaborateurs figurent des personnes malentendantes communément appelé « sourds muets ». Curieux comme choix, mais la chef répondra : « je crois beaucoup que ce sont des gens très dynamiques et qui apprennent vite ».

 

C’est dur mais ça va

Le bémol, regrette-t-elle pour le moment, c’est « les marchés (…) c’est très difficile d’en avoir car beaucoup de gens font presque la même chose » surtout quand la covid19 faisait sa star à ses débuts. « Nous avons fait deux semaines, nous n’avons eu que 1000 francs CFA, pourtant il fallait honorer les engagements et payer les charges fixes ». Puis vient la ressource humaine de qualité et motivée. « Beaucoup de gens viennent et partent. Ils ne sont pas concentrés sur le travail » ce qui l’oblige à fonctionner sur la base de contrats de prestation ponctuelle.

Même si au début les clients se plaignaient un peu des couts des services, Véronique ne réjouit du fait que de plus en plus de gens comprennent le métier. « Les prestations coûtent un peu chères parce que le matériel de travail coute cher. Et puis, on est très souvent victime de vol de matériel sur le terrain, ce qui ne facilite pas la tâche ».

Millionnaire elle ne l’est pas encore, reconnait-elle, mais « ce que je gagne me permet d’être indépendante et d’investir davantage. De la moto où je trimbalais mes outils de travail grâce à Dieu aujourd’hui, je les transporte en voiture ». Depuis qu’elle s’auto emploie, Véronique ne manque de rien. Au contraire “par la grâce de Dieu, j’arrive à subvenir à mes besoins, à ceux de la famille.

On peut avoir des marchés qui varient entre 500 mille et 1 million par mois

“Tout dépend des marchés et des périodes. Même pendant la saison des mariages, ce n’est pas tous les jours que nous avons des marchés. Mais des fois on peut avoir des marchés qui varient entre 500 mille et 1 million” explique la jeune patronne.

Et que faites-vous de l’argent que vous gagnez  ? Lui demande t-on. “Je réinvestis beaucoup dans le matériel de travail. Le local dans lequel nous sommes a d’ailleurs été financé à 90% par nos recettes. A part ça j’ai aussi acheté une voiture, que j’utilise pour travailler. Donc vraiment Dieu merci ça va” avec une pointe de satisfaction.
 

Son conseil, « ne pas attendre d’avoir toutes les cartes en main pour se lancer, mais de faire avec ce qui nous tombe sous la main ».

Ange L. Jordan MEDA

Entreprendreaufaso.com

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