Entreprendre à Ouaga, la roue de secours de ces étudiants

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Ils sont nombreux ces jeunes diplômés à se lancer dans l’entreprenariat. Chômage et manque de moyens pour certains, études non terminées pour d’autres, de plus en plus de jeunes se livrent à des activités dans le secteur informel dans l’espoir « se chercher ».

« Je me débrouille un peu avec la vente de brochette. Ce n’est pas facile mais que puis-je y faire. Vu que je n’ai pas pu franchir la classe de CM2, il me fallait bien trouver quelque chose à faire. Et c’est à cette activité que je m’accroche. Avec ce que je gagne j’arrive à m’en sortir » nous confie Saidatou, vendeuse de brochette au bord du goudron.

De son côté, l’Etat fait de son mieux à travers des fonds dédiés au secteur informel et les concours de la fonction publique, mais à ce niveau encore il y a problème « quand on regarde le nombre de candidats voulus sur le plan national, c’est alarmant car nous sommes très nombreux. La solution pourrait être la création et la valorisation des initiatives privées car la fonction publique ne peut tous nous accueillir. L’Etat fournit des efforts déjà à cet niveau, mais il faut appuyer davantage les porteurs de projets » pense Djakaridja GUITI, étudiant en première année de lettre moderne à l’université Ouaga 1 Pr. Joseph Ki-Zerbo.

Carole Sandwidi

Et comme modèle d’auto emploi il y a Carole SANDWIDI promotrice d’une marque de vêtements made in Burkina depuis maintenant 4 ans et demi. Diplômée d’un Bac +5 en gestion et audit entreprise, elle fait aujourd’hui dans la sape, en particulier d’articles à base de Faso Danfani. Elle est aussi créatrice d’accessoires de mode, de décoration intérieur, d’ ameublement, et de cuir local. « Je pense que l’entrepreneuriat pourrait être la solution au chômage car en plus d’être ton propre patron, tu peux employer d’autres personnes ». Elle pense que « c’est aussi une question d’éducation car l’on a tendance à croire qu’après les études, il faut forcement être dans un bureau ou rien ; ou bien que l’entreprenariat c’est pour ceux qui n’ont pas réussi dans les études. Alors que chaque personne peut faire quelque chose d’intéressant, évoluer et devenir autonome ».
Certes ils sont de plus en plus nombreux à se lancer dans l’entreprenariat mais encore plus nombreux à la recherche d’emploi. Car pour cette frange de jeunes, avoir un salaire qui « tombe à la fin du mois » est plutôt réconfortant. Mais ce qu’il faut fair encore plus comprendre a la jeunesse c’est que « tout le monde n’est pas fait pour les affaires ». Et qu’il ne suffit pas de se lancer pour réussir.

Djamila Kambou
Entreprendreaufaso.com

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